L’exercice paraissait assez simple au premier abord; d’autant que la « whisperer », venait d’en faire la démonstration, après avoir expliqué les grands principes.
C’est simple, j’entre sur le manège. Je m’approche du cheval. Je le mets en mouvement, avec mes gestes et ma longe. Normalement, il se met à avancer au pas. Je me mets à ma place, au centre du manège. Le cheval doit continuer. Une fois qu’il a pris un certain rythme, une certaine constance et qu’il a fait au moins un tour sans s’arrêter, je tente de lui faire faire un demi-tour, puis de lui faire faire le tour dans l’autre sens, au pas. Puis, je le mets au trot, toujours sans le toucher, puis dans l’autre sens, puis au galop ….
Eh bien, c’est assez simple à raconter comme ça, mais à réaliser, c’est un peu plus compliqué.

En effet, je réussis assez facilement à mettre le cheval en marche, mais il s’arrête au bout de quelques pas. Je recommence , il reprend puis s’arrête encore. Je me demande s’il me teste ou s’il n’a pas compris ce que je souhaite obtenir. Je le relance avec un peu plus d’énergie et de conviction. Il s’élance, plutôt vivement puis se stabilise au pas. Je tente de prendre ma place, sans le quitter des yeux. Il continue, puis s’arrête au niveau de l’entrée du manège. Il va le faire plusieurs fois. Je sens que c’est un sujet pour lui, et donc pour nous, du moins dans cet exercice.

Si vous êtes un manager, c’est une situation qui vous parle. Etablir une relation, obtenir, se faire comprendre, lancer un mouvement et l’entretenir.

A un moment, le cheval est à l’arrêt dans un coin du manège. Je dois le faire avancer au trot. Je m’agite de plus en plus mais il ne bouge pas. Muriel me suggère de me déplacer pour lui laisser le passage. Je m’éloigne un peu en me déplaçant vers l’arrière du cheval. J’agite ma longe, il repart au trot, ouf !
J’étais en train de lui boucher le passage.tout en lui disant d’avancer. Heureusement que je ne me suis pas excité, je ne sais pas ce qu’il aurait fait.

Il y a toutes sortes de situations similaires qu’on peut rencontrer en management :
– Le cheval se retrouve à votre place, au milieu et ne veut pas quitter cette place
– le cheval ne veut pas démarrer et pourtant vous vous agitez
– le cheval part au galop et semble ne pas vouloir s’arrêter
– le cheval s’arrête tous les 5 mètres
– le cheval recule à chaque fois que vous avancez.
– vous vous retrouvez à vous agiter autant sinon plus que le cheval

Toutes ces situations ont en commun d’être liées au comportement, à l’intention et même au sentiment que ressent la personne (le manager) : je manque de fermeté, je ne montre pas suffisamment de conviction dans ma demande, je ne suis pas clair, je lui fais peur, je suis dans une relation de domination, je ne lui laisse pas la place, je ne lui fais pas confiance, j’ai peur de lui ou de sa réaction…

Et je provoque ainsi chez le cheval toutes sortes de réactions : il est sur ses gardes, il essaie de comprendre, il obéit, il teste, il se rebelle, il m’ignore, il me défie, il se protège ou il collabore.

J’ai réalisé le même exercice avec un autre cheval. C’est une autre expérience ! il a fallu que je sois plus ferme, il n’était pas obsédé par l’entrée, il était plutôt perturbé par une présence extérieure. J’ai compris que c’est encore un autre type de relation que je devais établir avec lui.

Que pensez-vous de ce type de relation ? Pour ma part, je crois que c’est le type de relation que tout manager devrait entretenir avec chaque membre de son équipe. Etablir une relation, réaliser un  travail en commun, gérer sa propre présence et l’espace vital de son partenaire. Oui, oui! partenaire, et pas subordonné, esclave, objet, ressource, N-1, staff, opérationnels …

Je sais, c’est beaucoup demander! Mais je crois que vous n’avez pas le choix. Toute une nouvelle génération de salariés, la fameuse génération Y, demande, ou plutôt exige, ce type de relation pour envisager d’être productif, et même pour simplement être de la partie. Et même les autres salariés sont demandeurs d’une relation plus équilibrée et plus respectueuse.

Nous avons décidé avec Muriel Horrein de mettre au point des protocoles d’intervention en intra entreprise et en inter entreprises selon le type de problématique, le contexte et les objectifs afin d’accompagner des dirigeants, des managers et des équipes dirigeantes.

Pourquoi avec Muriel ? Parce que c’est une whisperer.Pour faire vite, un whisperer n’est pas quelqu’un qui murmure dans les oreilles des chevaux et qui les fait obéir. C’est quelqu’un qui choisit d’établir une relation de collaboration plutôt que de domination avec le cheval. C’est quelqu’un qui va prendre en compte le fait qu’il a affaire à un être vivant qui est une proie et donc uniquement dans l’instinct de survie. C’est aussi quelqu’un qui sait que le cheval décrypte notre langage non verbal et que face à un cheval, chacun de nos actes est un acte de communication. Et enfin pourquoi le cheval ? parce qu’il ne juge pas, il ne cherche ni à plaire, ni à servir ni à manipuler, il gère sa survie. Point.

Vous trouverez d’autres témoignages sur cette expérience  ici,  Horse & Coaching.

Cette expérience est adaptée pour une équipe déjà constituée ou en cours de constitution. Des sessions inter entreprises  seront aussi programmées régulièrement.

C’est une nouvelle perspective, non ?

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